Réflexion sur le Français – Parler français n’est pas chose facile en Amérique. Le « parleur de français » sent seul parfois. Il m’a fallu habiter à l’autre bout du continent, au Brésil, pour découvrir que le français est toujours une langue dynamique. Et encore plus en cette année de la France au Brésil. À mon arrivée, il y a deçà quelques années déjà, j’avais été grandement étonné de constater qu’au royaume du portugais, la langue de Molière avait sa place. Ce n’est pas difficile trouver quelqu’un qui connaît, mais surtout, aime le français ici.
Lorsqu’on est un p’tit Québécois en Amérique, on a souvent l’impression que l’épanouissement du français sur le continent repose sur nos épaules. Rôle certes difficile à jouer dans la réalité d’aujourd’hui. D’autant plus que 200 millions d’anglophones encerclent le Québec. La Belle Province avec son maigre 7 millions de francophones, est bien isolée. Cette pression s’exerçant sur les Québécois n’est pas sans raison. Aussitôt le pied mis en dehors de ses frontières, on est bombardé d’anglais de toute part. Boom! La musique anglophone. Boom! Les téléséries anglophones. Boom! Le cinéma de langue anglaise… Une pétarade de mots anglais nous pète en plein visage.
Est-ce que le Québec s’avoue vaincu pour autant vaincu? Pas du tout. N’en déplaise à mes compatriotes canadiens, nous luttons fermement contre l’invasion de l’anglais sur notre territoire. Nous disposons de lois pour protéger notre langue. Nous avons nos propres feuilletons, notre musique, nos auteurs, nos vedettes et notre cinéma. D’ailleurs, ce secteur est très prolifique. La Belle Province représente quelque chose comme la moitié de la production cinématographique canadienne. La télévision n’est pas en reste. Une seule émission est capable de regrouper 2 millions de téléspectateurs (dans les années 80, le mégasuccès La P’tite Vie avait une cote d’écoute atteignant 4 millions). Je doute qu’une émission canadienne-anglaise réussisse à mobiliser autant d’adeptes. Sauf les séries « blockbusters » américaines du genre Lost peut-être? C’est à se demander si les Québécois sont plus « truly canadian » culturellement parlant que de nombreux Canadiens.
D’accord. Quand il est question de faire du commerce international, la langue de Molière en prend pour son rhume. C’est vrai qu’il est quasi impossible faire du « business » en français. Notre langue est parlée après tout que par environ 170 millions de personnes dans le monde alors que plus 400 millions parlent l’anglais en première langue. Pour cette raison, dès le primaire, les classes d’anglais sont obligatoires dans les écoles. Voilà la force indéniable du Québec: son bilinguisme. Dans le contexte de la mondialisation, ce bilinguisme lui ouvre toute grande la porte du commerce mondial.
L’anglais est donc un allié pour les Québécois. Non seulement il permet à la Belle Province de brasser des affaires et aux Québécois d’obtenir de bons postes partout au pays (peu d’anglophones parlent le français), mais aussi d’entreprendre la promotion de la Francophonie à travers le monde. Et ce « marketing » francophone ne peut évidemment s’accomplir sans l’appui d’entité comme TV5 ou de l’Organisation de la Francophonie.
S’exprimer dans une langue étrangère est amusant, j’en conviens. Toutefois, le goût de notre maternelle revient toujours au galop. La perdre serait la chose la plus épouvantable qui pourrait m’arriver. Ça serait carrément perdre mon identité. Grâce à Dieu! Le français occupe une belle place au Brésil. Voilà aussi pourquoi une télévision internationale prend tout son sens. Sans parler de cet outil merveilleux qu’est Internet. Qu’on soit en Afrique, en Amérique ou ailleurs, le contact avec notre langue tant aimée est toujours une réalité possible. Le français n’est pas mort. Vive le français. I speak French and I’m proud of it!

avril 24, 2009
Le Brésil propose la création d’un palmarès de l’inégalité ethnique
Posted by gallichan under Commentaires | Mots-clefs: Conférence de Genève sur le racisme, Disparité de revenu, Racisme au Brésil |Leave a Comment
À la Conférence de Genève contre le racisme, le Brésil a proposé la création d’un indicateur international qui permettrait d’accompagner l’évolution de chaque pays dans l’application de politiques contre la discrimination. L’idée pourrait résulter à un genre de palmarès du racisme, a dit le ministre de l’Égalité sociale du Brésil, Edson Santos, au quotidien Folha de São Paulo. « Il serait bien d’avoir un classement, une lutte entre ceux qui promeuvent l’égalité raciale dans le monde et davantage de combats contre le racisme », a affirmé le ministre de Genève. En voyant ce qui s’est passé lors de cette réunion, je doute que la suggestion brésilienne ait fait long feu.
Un petit rappel… Le président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, en campagne pour sa réélection, a profité de la tribune pour provoquer l’occident, en accusant les Juifs de racistes, lui qui a déjà prêché leur l’irradiation et nié l’Holocauste. Du coup, Israël, les É-U et certains pays ont boycotté la réunion. Des Représentants européens sont sortis de la salle au beau milieu de l’énoncé du leader perse. Le Brésil, qui au Conseil des Droits Humains de l’ONU s’est exempté de condamner le régime du Soudan, accusé de génocide, et la dictature nord-coréenne, est resté assis. Dans ce contexte, difficile donc d’imaginer la création d’un indice mondial du racisme.
Dans la moyenne
Toujours selon la Folha de São Paulo, notre cher ministre aurait affirmé que le Brésil se positionnerait bien si l’indice existait déjà. La question se pose donc : où se situerait le pays de la samba à l’échelle mondiale? Tout en haut? Parmi les pires? Quelque part au milieu sans doute. Je ne suis bien sûr pas spécialiste en la matière. Pour ce que j’observe, il existe un autre racisme au Brésil, plus sournois, je l’appelle « institutionnel ». Parce qu’il n’est pas facile d’être noir au Brésil malgré son image de pays métissé. À compétences égales, les Blancs trouvent plus facilement du travail et sont beaucoup mieux payés que les citoyens d’ascendance africaine. Les noirs sont encore minoritaires dans les hautes sphères de la société brésilienne, à l’université ou au sein du gouvernement. Non seulement le Noir brésilien est victime de préjugés défavorables, mais son temps d’étude est plus bref que celui des autres Brésiliens. Une promenade sur un campus suffit à s’en convaincre. Un, deux, trois… On les compte sur les doigts d’une seule main : peu de Noirs parviennent encore à s’asseoir sur les bancs de l’université. Une absence qui les relègue à des fonctions subalternes, où ils sont payés à l’avenant… Toutefois, grâce à un programme de quotas – les universités sont obligées d’accepter un nombre minimum de noirs – de plus en plus d’entre eux font des études universitaires. Lorsqu’on a besoin d’inventer ce genre d’incitatif, c’est dire qu’à la base il y a un bobo. Voilà un des aspects que nous révèlerait un indice d’égalité sociale. L’idée n’est quand même pas mauvaise. Un tel palmarès nous dévoilerait les mauvais élèves. Mais eux on les connaît déjà! Et nous réserveraient peut-être de belles surprises aussi. Et le Canada? La France? Où se situeraient-ils?