Arts & culture


Après un léger repli en 2006 et 2007, le cinéma français a repris du poil de la bête sur les box-offices étrangers l’année dernière pour connaître une année faste. Le septième art français a attiré presque 20 millions de spectateurs de plus dans les salles de cinéma du monde, soit 84,5 millions contre 65 millions en 2007, selon des chiffres d’Unifrance, l’organisme chargé de promouvoir le cinéma français dans le monde. En 2008, 401 films français sont sortis sur les écrans étrangers, contre 377 en 2007. Au Brésil, nous sommes deux millions de spectateurs à avoir assisté aux 41 productions françaises diffusées.
Le succès de quatre gros « blockbusters » sont grandement responsable de cette évolution positive. Le long-métrage d’anticipation BABYLON A.D de Mathieu Kassovitz est le film français ayant le mieux fonctionné à l’étranger avec plus de 10 millions d’entrées dans le monde, suivi de la comédie Astérix aux olympiques (9,4 millions de spectateurs) et du thriller Taken avec l’acteur américain Liam Neeson (9,2 millions). Juste derrière, Le Transporteur 3 a cartonné avec 9,1 millions. Ces entrées en hausse (+16 %) ont rapporté 421 millions d’euros de recettes en salle, contre 377 millions en 2007. Reste qu’il n’est pas étonnant que des films français au casting international occupent le haut du peloton.


Outre ces quatre quatres locomotives, vient ensuite une belle suite de longs-métrages qui ont atteint le million de spectateurs. Dans l’ordre : Bienvenue chez les Ch’tis (4,2 millions), Igor (3,7 millions), The Duchess (3,4 millions), Le Scaphandre et le papillon (2,2 millions d’entrées en 2008), Crimes à Oxford (1,8 million), Soyez sympas rembobinez (1,5 million), Persépolis (1,4 million en 2008), Caramel l (1,3 million en 2008), La Visite de la fanfare (1,2 million), Chasseurs de Dragons (1,2 million) et enfin, il y a longtemps que je t’aime avec 1 million d’entrées.

Quel cadeau! La personne qui m’avait donné un exemplaire de « Rouge Brésil », quelques années auparavant, voulait-elle m’infliger des nuits blanches? Toujours est-il que malgré un emploi du temps chargé, j’ai ouvert ce bouquin. (Si les cordonniers sont les plus mal chaussés, les journalistes sont parfois les moins attachés à la lecture!). Et je n’ai pu me séparer de Rouge Brésil. Cette fresque historique habilement tramée de la colonisation française des côtes brésiliennes à la Renaissance m’a conquis et tenu en haleine.

Prix Goncourt de 2001, le chef-d’oeuvre de Jean-Christophe Rufin, relate un épisode assez curieux de l’histoire de France, quand le navigateur Nicolas Durand de Villegagnon tenta d’établir une « colonie tricolore » à Rio de Janeiro, hélas peu soutenu par la royauté française qui avait d’autres chats à fouetter. Rouge Brésil s’est vendu à presque 700 000 exemplaires en France seulement et a été traduit dans 23 pays, incluant le Brésil. Bien évidemment, un tel succès littéraire méritait une adaptation au cinéma. Voilà donc que ce projet prend forme.

L’idée de porter à l’écran le récit de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans une expédition pour servir d’interprètes auprès des tribus indiennes hante le producteur brésilien de cinéma Claudio Kahns depuis plus de six ans. C’est lors d’un voyage en France qu’il a découvert l’œuvre de Rufin. « J’ai tellement adoré que je me suis dit que ça ferait un bon film. » Claudio Kahns a donc acquis les droits auprès de la maison d’édition Gallimard et s’est associé avec les producteurs français Pierre Spengler et Nicolas Traube. « Seul, avoue-t-il, je n’aurais pu monter un projet de cette envergure ». Le long métrage s’appuie sur un budget de huit millions d’Euros, dont 30 % provenant de France 2.

Le tournage entre Parati et Angra dos Reis, deux villes balnéaires de l’État de Rio de Janeiro devrait commencer très prochainement. La géographie du littoral fluminense (cet adjectif se rapporte à l’État de Rio) « ressemble beaucoup au Rio de Janeiro de l’époque du livre. » Ce chantier cinématographique exige bien des efforts. En effet, il faudra concevoir des décors supplémentaires pour certaines scènes. Plusieurs pans et quartiers de Rio seront restitués selon des procédés numériques dans un studio… à São Paulo. Claudio Khans se montre soucieux de respecter au mieux le contexte historique du livre. Et puis, la fin de la vie de Nicolas Durand de Villegagnon sera tournée en France. La cinéaste Josée Dayan, connue pour avoir portée à l’écran des œuvres littéraires comme Les Misérables, Le Comte de Monte Cristo avec Gérard Depardieu, Balzac (1999), avec son amie Jeanne Moreau, Marie-Octobre avec Nathalie Baye, Château en Suède (2008) avec Guillaume Depardieu (le fils de Gérard, qui est décédé récemment), en signera la réalisation. Voilà qui nous amène à poser cette question : Depardieu pourrait-il se glisser dans la peau de Villegagnon. « Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, réagit Claudio Kahns. Le choix appartient à Josée Dayan ». Ce film devrait sortir en novembre. D’ici là, prenons notre mal en patience, et croisons les doigts pour que le film soit à la hauteur du livre.

Bien attendu, je vous tiendrai au courant des plus récents développements.