Amazonie


Bonne nouvelle pour le géant vert! La forêt amazonienne a connu entre août 2008 et juillet 2009 son plus bas niveau de déforestation depuis que l’Institut national des Etudes (INPE) spatiales a commencé, en 1988, à mesurer l’état des lieux de la déforestation. Selon l’INPE, 7 008 km2 ont été rasés, une baisse de 45 %. La déforestation avait atteint un sommet en 2003/2004 avec la disparition de 27 329 km2 de forêt.
Pour le gouvernement, ce chiffre record est le fruit d’une meilleure surveillance et répression au déboisement. Mais les écologistes font valoir que la baisse de la demande des matières premières due la crise économique a aussi joué un rôle.

C’est la meilleure nouvelle en 21 ans pour la santé de la forêt amazonienne, même si 7 008 km2, ce n’est pas rien. Il y a quand même un bémol. Dans le passé, trop souvent, on a observé une recrudescence de la déforestation lorsque la demande en soja, en viande et en bois augmentait. On verra l’année prochaine si la tendance continue avec la reprise économique.

À noter que le gouvernement s’est fixé comme objectif d’ici 2020 une diminution de 80 % du taux de déforestation, sur la base d’une moyenne annuelle de 19 500 km2 entre 1996 et 2005.

Le Rapport de l’agence de l’ONU est le premier à inclure la situation dans les huit pays amazoniens depuis 1975. Le document mentionne les actions gouvernementales et civiles pour combattre déboisement. L’étude, lancée le 18 février dernier à Nairobi, au Kenya, révèle que la dimension de la perte équivaut à 94 % du territoire du Venezuela.
Causes
Environ 150 spécialistes ont participé à la production du « Panorama Environnement en Amazonie : GEO Amazonie ».
C’est la première fois qu’une étude inclut les huit pays de la région y compris le Brésil.
Le directeur général du Programme des Nations Unis pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner, a dit à la Radio ONU qu’il était important de discuter les causes du déboisement avec les secteurs public et privé.
« Les données les plus importantes sont que le système de l’Amazonie continue dans une situation de dégradation. Mais dans tous les pays, y compris le Brésil, existent des programmes du gouvernement et de la société civile qui nous donnent des idées pour résoudre ce problème », a-t-il affirmé.
Habitants
Lors de cette entrevue exclusive à la Radio ONU de São Paulo, le gouverneur de l’état de l’Amazonie, Eduardo Braga, a indiqué que son gouvernement a donné la priorité au développement durable avec les habitants de la région.
« Pour que l’homme ou la femme qui vit dans la forêt puisse être le principal bénéficiaire de cette politique de valorisation de la forêt debout. Nous avons créé la Bourse Forêt, un programme de développement durable appelé Zone Franche Verte. Et en même temps, nous commençons à faire des investissements représentant 0.5 % du PIB de l’État de l’Amazonie en science et  technologie. Résultat de cela : six ans plus tard, l’Amazonie a eu une réduction de l’ordre de 70 % de la déforestation », a-t-il commenté.
Action coordonnée
Le document du Pnue recommande une action coordonnée de tous les pays amazoniens pour aider la région à affronter les défis de manutention de la forêt.
Selon le document, au cours des 30 dernières années, le nombre de routes en Amazonie brésilienne a été multiplié par 10, ce qui a amené une plus grande concentration de personnes.
Le rapport affirme que les gouvernements de la région ont fait des efforts concrets pour combattre le problème, et mentionne que le réchauffement augmente la pression sur les écosystèmes de la forêt.

http://www.unep.org

Déforestation de l’Amazonie (2)

Au moment où la déforestation avance, l’Institut brésilien de géographie et statisque (IBGE) a enregistré une augmentation des zones de réserves forestières. Elles correspondent maintenant pour 8,3 % du territoire brésilien – le pourcentage était de 6,5 % en 2003, selon l’étude « Indicateurs de développement durable ». Un des motifs de cette expansion est le plus grand nombre de terres indiennes protégées – de 172 en 1992 à 405 en 2006. Dans ces zones, la préservation des forêts est plus facile et le déboisement moins présent. Parallèlement à l’avancement des terres indiennes, la population de souche a augmenté de 294,1 mille en 1991 à 734,1 mille en 2000, poussée par une autodéclaration plus forte d’indiens et descendants.

Toutefois, évalue l’IBGE, la déforestation demeure la principale entrave au développement durable du pays. Le Brésil a ratifié le Protocole de Kyoto et n’est pas un grand consommateur de carburants. La dévastation des forêts le met parmi les 5 plus importants émetteurs de CO2 de la planète, au côté de la Chine, É U, Inde et Allemagne. À eux seuls, les brûlis répondant pour 75 % de tout le CO2 jeté dans l’atmosphère brésilienne. Pour raser sa végétation indigène, le Brésil se rapproche des deux plus importants pollueurs du monde, soit les États-Unis et la Chine. Je suis surpris d’apprendre que la majeure partie du CO2 rejeté vient des brûlis. Moi qui pensais que toutes les actions réalisées depuis plus de dix ans pour combattre ce fléau – le brûlage en Amazonie – donnaient des résultats.

Avec la hausse récente de la déforestation, rien n’indique que la situation a été renversée, selon l’IBGE. Pour cette raison et d’autres entraves dans les sphères environnementales et sociales, le pays est loin d’atteindre le développement durable, commente l’étude.

Déforestation de l’Amazonie (1)

Le géant vert perd encore des feuilles. Pour une deuxième année consécutive, la déforestation de l’Amazonie avance. Le Deter, système du gouvernement du Brésil qui détecte en temps réel la déforestation, a enregistré une nouvelle hausse du déboisement. Entre août 2007 et avril 2008, 5 850 km2 de forêt sont partis en fumé, contre 4 974 km2 d’août 2006 à juillet 2007. Mais il est encore trop tôt pour savoir exactement quel sera le total de la déforestation 2007/2008. Premièrement parce qu’il manque les analyses de mai, juin, juillet, quand l’Amazonie est plus sèche et la déforestation est plus importante. Puis, parce que le gouvernement divulgue les données annuelles du système Probe, plus précis que le Deter et utilisé pour le calcul effectif de la zone déboisée, seulement au deuxième semestre. En avril, 1123 km2 ont été dévastés, selon l’Institut national de recherches spatiales (INPE). Des quelques 4 millions de km2 de forêt amazonienne, environ 700 milles ont déjà été rasés.

Soja et Boeuf

Pourtant, entre 2005 et 2006, le déboisement avait considérablement ralenti. J’avais à l’époque interviewé le coordinateur de la WWF du Brésil, Mauro Armelin qui était resté très prudent face à cette belle nouvelle. Pour lui, la réduction de la déforestation n’était pas le résultat des actions gouvernementales, mais plutôt dû à l’effondrement du prix du soja, liée à la chute du dollar. ” Des bonnes nouvelles de ce genre sont déjà arrivées dans le passé. Puis, la déforestation a repris de plus belle et brisé des records “, avait-il dit. Sa réserve lui donne raison aujourd’hui. Bref, le réchauffement du marché agricole est en relation directe avec la recrudescence de la coupe à blanc ces deux dernières années. On peut particulièrement attribuer à l’expansion de la culture du soja et des pâturages le défrichage de nouvelles terres – et non de la canne à sucre pour la production d’éthanol, comme le laissent entendre certaines voix actuellement. Sans oublier bien sûr la coupe illégale de bois noble. Ce qui prouve que le Plan pour l’Amazonie du Ministère de l’Environnement n’est encore qu’un beau concept.

Réunissez une armée de scies à chaîne et de tracteurs qui déciment une couverture végétale de plus de 100 000 kilomètres carrés en 5 ans. Imaginez cet immense territoire nu, sans arbres, substitué par des pâturages, plantations de soja et de beaucoup de terre brûlée. Ceci est le scénario général de l’Amazonie : 700 000 kilomètres carrés de forêt détruites en 5 décennies d’occupation prédatrice et désorganisée. Résultat : 17 % de la forêt amazonienne est parti en fumée. Il y a toutefois une bonne nouvelle. La déforestation est en chute. Elle est tombée de 50 % les trois dernières années (chiffres de 2007) : de 27 379 km2 en 2004 (le deuxième plus haut indice de l’histoire) à 14 039 km2 en 2006. Mais c’est comme célébrer une tragédie. 14 000 peut paraître peu à l’échelle amazonienne, mais cela équivaut à 1,4 million de terrains de soccer, par exemple. 

 

Il n’y pas de consensus sur les motifs de la diminution de la déforestation. Malgré les efforts intensifs du gouvernement avec la création de zones protégés, surveillance, répression et législation, une étude de l’Imazon indique que 83 % de la variation des indices de déboisement des 12 dernières années se doit exclusivement à l’oscillation des prix du soja et de la viande sur le marché international – les deux principales matières premières responsables de la destruction de la forêt. Bref, la déforestation a tendance à augmenter lorsque la demande mondiale pour ces produits est plus élevée.

 

Toutefois, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles qui nous proviennent du géant vert. Avec un territoire de 143 000 kilomètres carrés – l’équivalent de 4 Belgiques —, l’état amazonien de l’Amapá est la région la moins déboisée du Brésil. Rien de moins que 98 % de ses forêts sont intactes, faisait ainsi de l’endroit, le mieux préservé de la planète. Voilà pourquoi :

  • 73 % de l’Amapá est formé de réserves écologiques et indiennes
  • Le manque de routes a empêché l’installation d’entreprises exploratrices de la forêt
  • Le commerce, l’extraction minière et l’exploration renouvelable du bois sont les bases de son économie.

http://www.imazon.org.br/home/index.asp