Agriculture


La valeur de la production agricole brésilienne a augmenté de 27 % en 2008 en comparaison à l’année précédente, atteignant 88,73 milliards de $ CAN. La zone plantée au Brésil a cru de 4,8 % l’année dernière, révèlent des données de l’Institut brésilien de Géographie et Statistique (IBGE).

Selon l’IBGE, l’augmentation de la valeur de production s’explique par de meilleurs prix du soja, du maïs, du haricot et du riz, et par une plus grande production de canne à sucre, de café et de blé. La superficie totale vouée à l’agriculture s’est située à 65,3 millions d’hectares, grâce à l’expansion de l’espace pour la culture du soja, du maïs et de la canne à sucre.

En termes absolus, la championne de l’augmentation est la canne à sucre avec 1,1 million de nouveaux hectares, une croissance de 15,9 % en comparaison avec 2007. « Cette croissance est le fruit d’une série de nouveaux investissements au pays ces cinq dernières années, avec comme objectif de fournir les marchés nationaux et internationaux de l’éthanol, diminuant ainsi la dépendance envers le pétrole », indique l’IBGE dans les commentaires qui accompagnent la recherche.

Naturellement, ces données sont d’avant la crise. Quels auront été les conséquences de la crise économique mondiale sur l’agriculture brésilienne? Il faudra attendre à l’année prochaine pour le savoir.

La consommation d’agrotoxiques au Brésil a atteint 733,9 millions de tonnes, soit une hausse de 30 % en 2008. Les agriculteurs brésiliens ont dépensé pour 7,125 milliards d’USD en pesticides, positionnant ainsi le pays comme le leader mondial pour l’utilisation de pesticides, selon l’Association nationale de la défense végétale (Andef). Le géant sud-américain dépasse les États-Unis, qui ont consommé 646 millions de tonnes ou 6 milliards de USD en ventes. La demande mondiale a crû de 15 % par rapport à 2007. Au Brésil, on attribue cette forte utilisation de pesticides, au climat tropical propice aux pestes dans les plantations et à la culture intensive du soja, suivi par le maïs, la canne à sucre et le coton — curieusement, les cultures recevant les plus importants investissements en OGMs.  Les Brésiliens se rendent compte de plus en plus que leur nourriture n’est pas aussi saine qui le pensaient.  Sans doute pourquoi les aliments organiques prennent de plus en plus d’espace sur les tablettes des supermarchés. Certains vont même à remettre en question tout le système d’agroindustrie, basé sur la monoculture.  Pas très rassurant de manger des fruits et des légumes au Brésil, en tout cas.

Avec l’urbanisation de la Chine et la consommation croissante de l’Inde, la demande en aliments continue d’augmenter, ces pays dépendront de plus en plus du Brésil pour se nourrir.

La présente crise mondiale occupe tellement le haut du pavé que la crise alimentaire a été reléguée aux oubliettes. Pourtant, elle est toujours bien réelle. Et dans la course pour satisfaire l’importante demande alimentaire des pays en développement, le Brésil a environ 90 millions d’hectares de terres cultivables d’avantages. Il est d’ailleurs, montré comme un des rares pays ayant les conditions d’accroître sa production d’aliments et de bioénergie.

Ce qui impressionne lorsqu’on se balade dans les grandes régions agricoles du Brésil est toute cette immensité verte. Les plantations semblent s’étendre à l’infini.  Il faut dire que le Brésil est choyé par la nature. Son climat tropical lui permet de tout planter et de récolter jusqu’à trois fois par année les fruits de sa terre. Peu de nations ont autant de terres et d’eau en abondance disponible pour l’agriculture. On ne peut en dire autant des grands pays céréaliers comme l’Australie ou le Canada qui font face à de très fortes contraintes climatiques dues à leur localisation géographique. Sans parler de l’Europe et des États-Unis où l’agriculture a atteint son maximum. Bref, à l’ère de l’inquiétude alimentaire mondiale, le Brésil peut jouer un rôle capital pour la subsistance de la planète dans les années à venir. La forte croissance de la demande mondiale en matières premières agricoles « peut s’avérer une chance de conquérir de nouveaux marchés », dit le président de la Fédération des agriculteurs de l’État de São Paulo, Fabio Meirelles.

Avec environ 340 millions d’hectares de terres labourables, desquels il utilise16 %, ses capacités de production devraient s’accroître encore plus. Le principal avantage du géant latino-américain est sa vaste étendue inutilisée. On estime qu’il y a 90 millions d’hectares de terres improductives ou mal gérées, prêtes à la culture, et environ 170 millions d’hectares de pâturages dégradés qui pourraient être plus performants.

Pour espérer devenir le garde-manger de la planète, signale Geraldo Barros du Centre d’études avancées en économie appliquée de l’Université de São Paulo, Brasília doit accélérer les investissements en infrastructures en général et agricoles ainsi qu’en recherche agraire. Le Brésil possède un des plus faibles indices de mécanisation, devançant seulement les pays africains. Les coûts de transport sont très élevés étant donné que tout se livre par camion. Enfin, le nombre insuffisant de ports est aussi une entrave à l’exportation. Malgré tout, conclut Fabio Meirelles, le Brésil demeure de loin la nation ayant le meilleur potentiel agricole. « Nous avons de l’espace à profusion, la technologie et surtout d’habiles fermiers. »

La contribution brésilienne ne se concentra pas seulement aux grains.  Le Ministère de l’agriculture prévoit que d’ici ans, le pays sera responsable pour plus de la moitié des exportations mondiales de viande et de volaille, en plus de répondre pour 23,7 % du commerce international du porc. Le Brésil est déjà premier producteur mondial de café, sucre, haricot et jus d’orange, et deuxième de soja, de viande bovine et troisième de fruits, poulet, et enfin, quatrième pour le porc.

Condensé d’un papier paru dans le journal Terre de chez nous

Les aliments et le pétrole plus cher ont fait gonfler de 133 millions le groupe de personnes qui ont eu faim en 2007, selon le Département de l’agriculture des É-U (USDA) – qui a changé sa prévision sur le manque de nourriture pour les dix prochaines années – voit maintenant une aggravation du problème et non plus une diminution.

L’évaluation sur la Sécurité alimentaire, un rapport annuel de l’USDA, dit que le nombre de personnes « sans assurance d’avoir de quoi manger » dans 70 pays en développement a augmenté de 982 millions en 2007. Ils étaient 849 millions l’année précédente.

Le nombre d’individus ayant de la difficulté à obtenir de la nourriture pourrait s’élever à 1,2 milliard en 2017, avertit l’organisme, révisant la prévision de l’année dernière sur la possibilité d’une diminution de la faim pour les dix prochaines années dans toutes les régions de la planète, à l’exception de l’Afrique sud-saharienne.

L’USDA définie comme « insécurité alimentaire » avoir de la difficulté à acquérir suffisamment de nourriture pour sustenter une famille tout au long de l’année.

Les prix du blé, du maïs, du soja et du riz ont atteint des niveaux records ces derniers mois dû aux mauvaises cueillettes dans plusieurs régions de la planète et à la demande croissante pour les biocarburants et denrées dans les économies émergentes.

Les spécialistes en agriculture et développement affirment que le monde compte peu de solutions de rechange contre sa dépendance de plus en plus importante des fertilisants chimiques. Au fur et à mesure que la population grossit et qu’une classe moyenne mondiale en croissance exige plus d’aliments, les fertilisants sont une des stratégies les plus efficaces pour gonfler le volume de production. Certains experts calculent que les fertilisants synthétiques fabriqués de gaz naturel permettent déjà davantage de collectes et une croissance de 30 à 40 % de la population mondiale. La consommation planétaire de fertilisants a subi une hausse moyenne de 31 % de 1996 à 2008, amplifiée par une expansion de 56 % de la demande des pays en développement, selon l’Association internationale de l’industrie de fertilisants. Initialement, une importante partie de l’augmentation de la production d’engrais se destinait aux grains, comme le riz et le blé, qui sont des ingrédients de base d’une diète basique. Toutefois, avec une croissance mondiale de 5 % par an, des centaines de millions de personnes se sont mis à gagner suffisamment d’argent pour s’acheter de la viande d’animaux nourris aux grains. Cela en même temps qu’une production massive de biocarburants, particulièrement l’éthanol produit à partir de maïs, a imposé une nouvelle pression sur les réserves de grains. Ces facteurs génèrent une demande croissante pour les fertilisants et réciproquement des prix plus élevés sur ces produits.