Avec l’urbanisation de la Chine et la consommation croissante de l’Inde, la demande en aliments continue d’augmenter, ces pays dépendront de plus en plus du Brésil pour se nourrir.
La présente crise mondiale occupe tellement le haut du pavé que la crise alimentaire a été reléguée aux oubliettes. Pourtant, elle est toujours bien réelle. Et dans la course pour satisfaire l’importante demande alimentaire des pays en développement, le Brésil a environ 90 millions d’hectares de terres cultivables d’avantages. Il est d’ailleurs, montré comme un des rares pays ayant les conditions d’accroître sa production d’aliments et de bioénergie.
Ce qui impressionne lorsqu’on se balade dans les grandes régions agricoles du Brésil est toute cette immensité verte. Les plantations semblent s’étendre à l’infini. Il faut dire que le Brésil est choyé par la nature. Son climat tropical lui permet de tout planter et de récolter jusqu’à trois fois par année les fruits de sa terre. Peu de nations ont autant de terres et d’eau en abondance disponible pour l’agriculture. On ne peut en dire autant des grands pays céréaliers comme l’Australie ou le Canada qui font face à de très fortes contraintes climatiques dues à leur localisation géographique. Sans parler de l’Europe et des États-Unis où l’agriculture a atteint son maximum. Bref, à l’ère de l’inquiétude alimentaire mondiale, le Brésil peut jouer un rôle capital pour la subsistance de la planète dans les années à venir. La forte croissance de la demande mondiale en matières premières agricoles « peut s’avérer une chance de conquérir de nouveaux marchés », dit le président de la Fédération des agriculteurs de l’État de São Paulo, Fabio Meirelles.
Avec environ 340 millions d’hectares de terres labourables, desquels il utilise16 %, ses capacités de production devraient s’accroître encore plus. Le principal avantage du géant latino-américain est sa vaste étendue inutilisée. On estime qu’il y a 90 millions d’hectares de terres improductives ou mal gérées, prêtes à la culture, et environ 170 millions d’hectares de pâturages dégradés qui pourraient être plus performants.
Pour espérer devenir le garde-manger de la planète, signale Geraldo Barros du Centre d’études avancées en économie appliquée de l’Université de São Paulo, Brasília doit accélérer les investissements en infrastructures en général et agricoles ainsi qu’en recherche agraire. Le Brésil possède un des plus faibles indices de mécanisation, devançant seulement les pays africains. Les coûts de transport sont très élevés étant donné que tout se livre par camion. Enfin, le nombre insuffisant de ports est aussi une entrave à l’exportation. Malgré tout, conclut Fabio Meirelles, le Brésil demeure de loin la nation ayant le meilleur potentiel agricole. « Nous avons de l’espace à profusion, la technologie et surtout d’habiles fermiers. »
La contribution brésilienne ne se concentra pas seulement aux grains. Le Ministère de l’agriculture prévoit que d’ici ans, le pays sera responsable pour plus de la moitié des exportations mondiales de viande et de volaille, en plus de répondre pour 23,7 % du commerce international du porc. Le Brésil est déjà premier producteur mondial de café, sucre, haricot et jus d’orange, et deuxième de soja, de viande bovine et troisième de fruits, poulet, et enfin, quatrième pour le porc.
Condensé d’un papier paru dans le journal Terre de chez nous