Autre traumatisme aérien
Quel désastre la disparition en mer du vol 447 d’Air France au large des côtes du Brésil! Ce terrible accident a choqué tout le pays entier — un deuil national de 3 jours a d’ailleurs été décrété. Les Brésiliens ont eu leur part de catastrophes aériennes ces dernières années. Ils ont encore en mémoire le traumatisme causé les derniers accidents aériens. En juillet 2007, un avion de la Tam, n’ayant pu freiner à temps, est sorti de piste et a heurté de plein fouet un édifice de l’autre côté d’une avenue. Bilan: 199 personnes. Moins d’un an auparavant, en septembre 2006, 154 personnes avaient péri au-dessus de l’Amazonie lors d’un accident absurde: une collision entre un Boeing de Gol un jet Legacy. Et maintenant celui-ci qui touche 32 nationalités.
Évaporé?
S’il y a un spécialiste qui lit ces lignes et qui pourrait m’expliquer comment il est possible qu’un gros Airbus ait complètement disparu, j’apprécierais. Je n’aurais jamais pensé qu’une route aérienne aussi mouvementée puisse comporter des trous noirs, des points invisibles où les radars soient ainsi brouillés. Ou encore moins être incapable de repérer un avion de cette envergure. D’accord. Il gît au fond de l’océan. Ne vivons nous pas à l’ère de la technologie et du GPS?
Dans les mains de la destiné
Je n’ai pas peur de voyage au dessus des nuages. Mais je vous avoue que l’idée de prendre l’avion me cause un certain inconfort ces jours-ci. Un appareil qui se volatilise sans laisser aucune trace, c’est un peu inhabituel. On ne s’arrête jamais à penser lorsqu’on s’assied dans notre siège qu’on met notre vie entre les mains de dizaines d’individus. Nous, passagers octroyons notre confiance aux pilotes, que nous imaginons compétents. De même, nous faisons confiances aux contrôleurs aériens et aux ingénieurs des constructeurs aéronautiques. Une simple perte de sang froid, de concentration ou un boulon mal vissé peut déclencher une catastrophe. Le professionnel qui fixe un simple pneu est-il conscient de l’importance de son geste sur la vie des passagers? À cela s’ajoute le hasard de la vie bien sûr. Et maintenant, il y a les trous noirs dans le ciel.
Comme chaque fois, nous oublierons la tragédie. Une fois la poussière redescendue dans quelques semaines, nous volerons sans inquiétudes, nous rassurant que l’avion est le moyen de transport le plus sûr et que “les chances” de mourir dans un accident de voiture sont bien plus élevées. Du moins, jusqu’au prochain crash.