- Quel est l’avenir de la presse? Ce fut le thème d’un débat entre plusieurs journalistes brésiliens et la trentaine de journalistes français constituant le jury du Prix Albert Londres. Autour d’une table, pendant un peu plus de deux heures, nous avons ausculté la situation des médias. Comment réduire les coûts de production trop élevés en ce qui concerne la presse écrite et ralentir la fuite des lecteurs? Doit-on poursuivre l’aventure des journaux gratuits sur le Net? Existe-t-il des médias alternatifs vraiment crédibles ?
Nous en sommes tous venus au même constat : les problèmes et les remises en question que traverse la presse sont similaires au Brésil et dans les pays francophones. Toutefois, aucune recette-miracle pour sauver les médias du gouffre. Bref, face aux mutations accélérées d’une profession fragilisée, personne ne sait trop quoi faire. Un point a fait l’unanimité parmi nous : le journaliste qui passe son temps un bloc notes à la main et se contente ensuite de « pondre» des articles est une espèce en voie de disparition. Pour survivre, les professionnels des médias doivent maîtriser les nouvelles technologies, prendre des photos, se diversifier dans la radio et la vidéo et même posséder le langage informatique.

Les journalistes, désormais, doivent maîtriser les nouvelles technologies, prendre des photos, faire de la radio et de la vidéo

Je retiens qu’on a peu mentionné les jeunes au cours de ce débat. On ne cesse de nous rebattre que la baisse du tirage des journaux est en partie responsable de la crise que traverse la presse. À mon avis, aussi parce que les jeunes boudent le média imprimé. Ils trouvent les journaux moches. N’oublions pas qu’ils appartiennent à la génération dite digitale. Leur vie tourne autour de l’ordinateur ou du téléphone portable. Ils y bavardent, y flirtent, s’y informent… Pas question de se noircir les doigts en manipulant du papier journal. La presse écrite doit donc tendre vers plus de dynamisme, de mordant, d’originalité, rendre sa mise en page plus conviviale et publier des sujets qui touchent les jeunes. Point de salut hors de telles exigences et contraintes!

Les lauréats - Sophie Bouillon et Laurent Dereims sont les lauréats de l’édition 2009 du Prix Albert Londres qui s’est tenu la semaine dernière à São Paulo. Sophie Bouillon a gagné pour un papier qui relatait  le difficile retour des Zimbabwéens dans leur pays après avoir  trouvé refuge en Afrique du Sud, publié dans le revue “21″. Laurent Dereims l’a remporté dans la catégorie Presse audiovisuelle pour le reportage “Han, le Prix de la Liberté” qui raconte l’enfer vécu par les milliers de Coréens cherchant à fuir l’un des régimes politiques actuels les plus cruels.