Pour la revue américaine, le Brésil s’affirme dans le monde sans « brandir un sabre »

J’aime bien fréquenter les kiosques à journaux pour y feuilleter les revues internationales. Ça me permet, comme correspondant étranger, de savoir ce que les autres publient sur la région. Puis parfois, des idées de sujets me viennent. L’autre jour, en me promenant sur l’avenue Paulista, l’artère principale de São Paulo,  une couverture colorée a attiré mon attention.  Je devrais plutôt dire  son titre : Brazil, The Crafty Superpower. Je me suis empressé d’ouvrir le Newsweek et de le lire. Un autre des innombrables papiers publiés récemment sur la coqueluche de l’heure, le président Lula. Je vous le résume brièvement.

Le Brésil s’est transformé en un pouvoir régional unique au cours des dernières décennies – contrairement aux autres grands pays émergents, il ne dépend pas de la puissance militaire pour se projeter dans le monde et s’affirme comme la chef de file dans sa région, affirme la revue américaine dans son édition internationale (Brazil, The Crafty Superpower, 18/4/2009).

La publication affirme qu’après des décennies de faux pas, le Brésil est devenu une démocratie libérale solide, une île de stabilité rare dans une région perturbée et un état gouverné par les lois, et non par des autocrates. Et, sans « brandir un sabre », il est maintenant une voix de plus en plus forte dans la défense des intérêts des pays émergents sur les questions internationales.

Newsweek  indique que l’État brésilien n’a pas d’ennemis réels avec qui s’inquiéter et qu’il se bénéficie de la couverture de sécurité des États-Unis dans l’hémisphère.

Pour cette raison, il peut maintenir les dépenses militaires à seulement 1,5 % du PIB – ou un quart des dépenses de la défense de la Chine – et utiliser l’avantage de sa dimension relative en Amérique du Sud pour influencer ou coopter les voisins, en même temps qu’il essaye de contenir le rival le plus problématique du continent, le Venezuela, en l’attirant dans le Mercosud.

Ce sont des politiques représentants un certain risque, conclut la revue, en affirmant que, sans un guide pour devenir une force globale, le Brésil de Lula semble écrire son propre manuel.