À la Conférence de Genève contre le racisme, le Brésil a proposé la création d’un indicateur international qui permettrait d’accompagner l’évolution de chaque pays dans l’application de politiques contre la discrimination. L’idée pourrait résulter à un genre de palmarès du racisme, a dit le ministre de l’Égalité sociale du Brésil, Edson Santos, au quotidien Folha de São Paulo. « Il serait bien d’avoir un classement, une lutte entre ceux qui promeuvent l’égalité raciale dans le monde et davantage de combats contre le racisme », a affirmé le ministre de Genève. En voyant ce qui s’est passé lors de cette réunion, je doute que la suggestion brésilienne ait fait long feu.

 Un petit rappel… Le président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, en campagne pour sa réélection, a profité de la tribune pour provoquer l’occident, en accusant les Juifs de racistes, lui qui a déjà prêché leur l’irradiation et nié l’Holocauste. Du coup, Israël, les É-U et certains pays ont boycotté la réunion. Des Représentants européens sont sortis de la salle au beau milieu de l’énoncé du leader perse. Le Brésil, qui au Conseil des Droits Humains de l’ONU s’est exempté de condamner le régime du Soudan, accusé de génocide, et la dictature nord-coréenne, est resté assis. Dans ce contexte, difficile donc d’imaginer la création d’un indice mondial du racisme.

Dans la moyenne

Toujours selon la Folha de São Paulo, notre cher ministre aurait affirmé que le Brésil se positionnerait bien si l’indice existait déjà. La question se pose donc : où se situerait le pays de la samba à l’échelle mondiale? Tout en haut? Parmi les pires? Quelque part au milieu sans doute. Je ne suis bien sûr pas spécialiste en la matière. Pour ce que j’observe, il existe un autre racisme au Brésil, plus sournois, je l’appelle « institutionnel ». Parce qu’il n’est pas facile d’être noir au Brésil malgré son image de pays métissé. À compétences égales, les Blancs trouvent plus facilement du travail et sont beaucoup mieux payés que les citoyens d’ascendance africaine. Les noirs sont encore minoritaires dans les hautes sphères de la société brésilienne, à l’université ou au sein du gouvernement.  Non seulement le Noir brésilien est victime de préjugés défavorables, mais son temps d’étude est plus bref que celui des autres Brésiliens. Une promenade sur un campus suffit à s’en convaincre. Un, deux, trois… On les compte sur les doigts d’une seule main : peu de Noirs parviennent encore à s’asseoir sur les bancs de l’université. Une absence qui les relègue à des fonctions subalternes, où ils sont payés à l’avenant… Toutefois, grâce à un programme de quotas – les universités sont obligées d’accepter un nombre minimum de noirs – de plus en plus d’entre eux font des études universitaires. Lorsqu’on a besoin d’inventer ce genre d’incitatif, c’est dire qu’à la base il y a un bobo. Voilà un des aspects que nous révèlerait un indice d’égalité sociale. L’idée n’est quand même pas mauvaise. Un tel palmarès nous dévoilerait les mauvais élèves. Mais eux on les connaît déjà! Et nous réserveraient peut-être de belles surprises aussi. Et le Canada? La France? Où se situeraient-ils?