Dommage que rien ne soit traduit, même pas le guide de visite.  Parce que voilà un espace fort instructif.  Là, j’y ai découvert comment était la répression lors du régime militaire au Brésil et un peu de la vie des prisonniers.  Ces réponse,  je les ai apprises au Mémorial de la résistance – théâtre d’un des pires moments de l’histoire du Brésil – que j’ai récemment visité.

Olavo Hanson est mort ici, est écrit sur le mur de la cellule. L’ancien édifice de briques rouges du Département de l’Ordre Politique et Social (DOPS), au Largo General Osorio, aujourd’hui l’Estaçao Pinacoteca, de l’extérieur peut bien être un bel exemple de revitalisation du centre de São Paulo, pourtant, il a été le théâtre d’actes cruels lors des « années de plomb ». Dans ce lieu, les opposants à la dictature ont été emprisonnés, torturés et même assassinés. Aujourd’hui, il abrite le Mémorial de la Résistance, qui honneur les victimes et la mémoire de la résistance et de la répression.

À l’intérieur, quatre cellules rénovées remémorent la trajectoire du DOPS, fondée en 1924 pour combattre les mouvements sociaux jugés dangereux pour l’ordre national, comme l’anarchisme et le syndicalisme. Les salles de tortures demeurent toutefois verrouillées. La restauration a été faite à partir des souvenirs d’ex-prisonniers qui contèrent comment était la vie de ce lieu sinistre. « Les gens nous remercient d’avoir créé cet espace à la mémoire des résistants. Beaucoup nous avouent qu’ils ignoraient que cela avait existé », raconte Ivan Seixas, directeur du Forum des ex-prisonniers politiques de l’État de São Paulo.

Une des cellules a été reconstituée comme au temps de la répression, tandis que les autres sont représentées sur une maquette exposée dans la deuxième salle. La ligne du temps reproduite sur ses murs est un véritable cours d’histoire. La suite du parcours amène vers quatre des dix cellules restantes du complexe, puis dans le corridor où les détenus prenaient leurs bains de soleil.

Cellules
Oubliez les toilettes infectes, les murs sales, les inscriptions gravées par ceux qui y ont séjourné, tout a été effacé lors de la rénovation de 2002. Cette belle peinture moderne peut donner l’impression que les cachots paraissaient de confortables chambres d’hôtel. Ce qui n’était évidemment pas le cas. Des photos, des inscriptions et des témoignages enregistrés relatent tout le calvaire vécu par ses résidents.

Cellule reconstituée

La première cellule raconte en images le processus de la conception du mémorial. Sur les murs, diverses citations révèlent leur quotidien. «Moi, Josée Paiva, 12/06/69, était ici. Il y a avait plusieurs inscriptions de ce type ici.» Justement, où sont-elles? Certains murs avaient encore des messages, paraît-il. Dommage, puisque cela aurait donné plus d’authenticité. La troisième cellule reconstituée à partir de photos et les inscriptions gravées par d’ex-prisonniers eux-mêmes donne tout de même une idée à quoi ressemblait l’espace.

Comment était-ce vivre dans un tel lieu? Comment étaient les repas? Les prisonniers pouvaient-ils prendre un bain? Comment se passait le bain solaire? Était-ce permis de recevoir de la visite? Réponse : cellule suivante. Sept ex-résidents narrent leur quotidien et le climat de solidarité qui y régnait. On en ressort touché et mieux éclairé sur cette page sombre de l’histoire du Brésil.

Le taureau Futuro, le premier zébu avec le génome séquencé. La carte génétique présentée par l’UNESP ouvre la porte à des combinaisons jusque-là impossible, entre qualité supérieure, résistance aux parasites et aux températures élevées.

Le Brésil peut bien être le champion du bœuf, n’empêche, sa viande est considérée de faible qualité sur le marché international. Les bovins d’origine européenne ont une viande beaucoup plus tendre et savoureuse que celle du zébu, principal bœuf d’élevage au pays. Situation qui pourrait changer. Des chercheurs brésiliens ont terminé le séquençage du génome du zébu. Ce qui permettra au Brésil de faire un bond dans la production de viande et de mettre en marché un meilleur bifteck.

« Le Brésil a le plus important troupeau commercial du monde, mais perd à cause d’une moins bonne valeur », avoue José Fernando Garcia, coordonnateur du projet Génome du zébu à l’Université de l’État de São Paulo (UNESP). Une question de goût juge Luiz Antonio Josahkian de l’Association brésilienne des éleveurs de zébu. « Notre viande est moins grasse, plus ferme et avec un goût plus prononcé que celle de bœuf d’origine européenne. »

À l’exception du sud pays, où prédomine les races taurines comme la hereford et l’angus, 90 % du cheptel est de sang de zébu, une sous-espèce originaire de l’Inde. Représentée spécialement par la race nelore, elle résiste à des chaleurs de 40 degrés et aux parasites. « Ce bovin a été implanté à grande échelle pour s’être le mieux adapté à notre climat », indique M. Josahkian.

La conclusion du génome du zébu, réalisé en partenariat avec les États-Unis et l’Italie, ravive le vieux rêve des éleveurs brésiliens d’allier la résistance du zébu et la haute qualité des bovins européens. La connaissance du génome, dit M. Garcia, « va nous permettre d’établir des paramètres de qualité de normes internationales ».

Depuis longtemps, « la sélection du zébu se fait à “l’œil” », commente M. Josahkian. Le gain génétique deviendra plus rapide. Pour découvrir si un bovin est un bon reproducteur, explique M.Garcia, l’éleveur n’aura plus besoin d’abattre une bête pour connaître les caractéristiques de la viande. « Les informations telles que la qualité, la tendreté, l’indice de gras, la résistance aux parasites et la tolérance à la chaleur pourront être connus à partir de tests d’ADN. »

Super bœuf

Le bœuf le parfait? « Il serait plus précoce, résistant, avec une chair tendre, genre croisement de nelore et d’angus», répond l’éleveur Guilherme Penteado Coelho, du programme d’amélioration génétique Delta-G, premier groupe (28 fermes) qui intègrera les données du génome. Le super bœuf, l’analyste Miguel Calvancanti de BeefPoint en voit plus d’un. « Certains veulent une viande tendre et maigre. D’autres un délicieux barbecue et préfèrent une viande plus grasse. L’éleveur gardera les bêtes pouvant transmettre à leurs descendants les caractéristiques qui l’intéressent. »

Les recherches développées à partir du génome peuvent non seulement mener à la naissance du super bœuf et à une meilleure réputation de la viande brésilienne, mais aussi bénéficier l’environnement, selon M. Garcia. « Dans les champs, l’éleveur pourra produire plus efficacement, sans occuper de nouvelles zones de pâturages, limitant ainsi la déforestation. »

Texte parue dans La Terre de chez nous

Aucun doute, le Festival brésilien de la bière de Blumenau est la plus importante fête dédiée à la dégustation de la bière au pays. Vous aurez devinez que j’y suis retourné cette année encore et tout aussi satisfait. Ils ont été quelques 20 000 personnes à déguster les divers styles offerts, en plus de participer à des conférences de spécialistes renommés du monde de la bière. L’évènement comptait sur 80 micro-brasseurs et bières importées, pour un total de 450 étiquettes de mousses. En 2010, le festival avait accueilli 11 000 visiteurs. Bref, un Franc succès !

Malgré la foule, on ne se cognait pas les coudes. L’espace était encore plus vaste qu’en 2012, de sorte qu’on ne percevait pas qu’il y avait autant de gens dans la place. Pour mes impressions, je vous suggère de vous rendre à mon texte de novembre 2010.

La prochaine édition a déjà sa date inscrite : il sera du 22 au 24 mars et promet d’être encore plus important. Au festival se joindra le South Beer Cup – le championnat sud-américain de la bière et une mostra du Beer Film Festival, qui va amener à Blumenau des films publicitaires et documentaires sur la bière du monde entier. Les organisateurs prévoient aussi que le nombre de kiosques passera de 80 à 100. Aucun doute, ces évènements à caractères internationaux font du Festival de Blumenau l’incontournable du monde brassicole au Brésil.

Lien de mon article paru dans le Petit-Journal:  Blumenau, capitale brésilienne de la bière

Le  Brésil  a créé une commission pour faire la lumière sur les crimes contre les droits de l’homme lors du régime militaire. Les victimes et parents de disparus des 21 ans de tyrannies vont peut-être enfin se faire entendre.

« Mon père et moi avons été torturés et lui a été assassiné lors d’une séance de torture. On nous assénait des coups, des chocs électriques et le Water Board, une serviette humide apposée sur le nez pour vous faire suffoquer. »  Le militant Ivan Seixas espère que cette fois la lumière sera faite sur les abus des militaires. C’est que la présidente Dilma Roussef, elle-même ex-guérillero, a  appuyé la formation d’une commission d’enquête pour étudier les crimes de la dictature (1964-85).

Directeur du Forum des ex-prisonniers politiques de l’État de São Paulo, son histoire est similaire à des milliers d’autres jeunes qui voulaient changer le pays de l’époque. Durant les « années de plomb », les opposants au régime étaient punis, emprisonnés et torturés. Dire qu’il n’aimerait pas voir son bourreau sur le banc des accusés serait un euphémisme. « Je sais qui est mon tortionnaire. Je veux être entendu et que ce soit fouillé! »

Narcisso Pires, de l’ONG Torture plus jamais, garde les marques de ses années de militance. « J’ai vécu dans la clandestinité, dépendant de la solidarité. »  Emprisonné six fois, torturé et obligé de larguer l’université, il lutte depuis pour la punition de ceux qui ont commis des atrocités au nom de la dictature.

Revanchards? Plutôt une question de justice, assure Ivan. « Nous voulons responsabiliser les tortionnaires, violeurs et les assassins de la dictature et non leur faire subir la même médecine. Seulement qu’ils soient amenés devant des tribunaux démocratiques. »  Narcisso partage cette opinion. « Si on tombait dans la tentation de la vengeance, on risquerait de devenir comme eux. Ce bris du silence peut être fait seulement avec la pression. Il est primordial que la société connaisse l’Histoire. »

Ils espèrent que la présidente honorera la mémoire de tous les morts et que toutes les familles soient entendues. Cette commission est nécessaire pour élucider les crimes des militaires et pour que les familles des victimes puissent faire le deuil de leurs proches.

La gauche est contre le projet actuel. «Le gouvernement a dû céder aux militaires  qu’aucun ne sera amené devant les tribunaux», conteste Ivan. Donc, pas question de toucher à l’amnistie octroyée à l’armée, contrairement aux autres pays du cône sud. Narcisso s’insurge que les militaires exigent que toutes les violations des droits de l’homme soient incluses, y compris celles commises par les guérilleros. « Assassinats et tortures. N’est-ce pas déjà des punitions? » Bref, la Commission n’aura aucun pouvoir de condamnation.

Depuis la fin de la dictature au Brésil en 1985, le géant sud-américain vit dans une démocratie exemplaire. Alors que ses voisins comme l’Argentine et le Chili ont déjà amené sur le banc des accusés plusieurs dirigeants de leur dictature, le Brésil n’a jamais ouvert la porte sur les crimes commis lors de cette période. «Les opposant au régime étaient punis, emprisonnés et torturés.»  La dictature brésilienne aurait assassiné autour de 400 personnes, torturé 20 000 et arrêté 50 000, mais n’a jamais reconnu les prisonniers politiques et admis la torture. En revanche, l’Argentine a poursuivi plus de 820 individus, entraînant 200 condamnations. Au Chili et en Uruguay, il y aussi eu des jugements.

« Comment peut-on poursuivre le chemin de la démocratie, sans élucider le passé », se questionne Narcisso.   Pour tourner la page obscure de cette histoire du pays, conclut Ivan, « le gouvernement doit fouiller tous les cas, divulguer les données et poursuivre les responsables ».

Ceci est le texte intégral que j’ai publié dans un média. Les entrevues peut-être à venir…

Un « autre » nouveau festival de bière est né le 22 octobre dernier au Brésil. Le premier Wikibier Festival de Curitiba a remporté un vif succès. Le but de ce rassemblement était de faire découvrir à chacun d’autres bières que celles des grandes brasseries et d’enrichir leur culture sur le monde de la bière. Idéalisé par les brasseries Way et Bodebrown, il ne pouvait qu’être autrement de deux brasseurs aussi passionnés pour leur art. À voir tous ces gens, verres de blondes, rousses ou brunes à la main – dans un pays pourtant habitué à la Pilsen froide (souvent trop) – savourer et discuter de bière: mission accomplie.

Wikibier Festival de Curitiba

Avec mon acolyte Joseph Tucker, du site Ratebeer, nous avons réussi à nous faufiler au travers la foule vers un et un autres brasseurs. La salle était bondée, mais pas surpeuplée. Les brasseries servaient leurs élixirs dans des cabines comme des minipubs qui permettaient une interaction avec le public. Peut-être que le « look » un peu foire extérieure des kiosques de métal, pourrait être remplacé par des plus modernes. Le public ne semblait pas s’en soucier outre mesure.

Plusieurs bières de brasseries artisanales ou homebrewing, rassemblées dans un espace qui rappelait un bar avec un spacieux comptoir, nous ont vraiment impressionné. Bien que la bière artisanale en soit à ses premiers balbutiements, c’est un secteur dynamique, avec des jeunes plein d’idées, passionnés et qui créent des produits originaux. Au total, les visiteurs avaient le choix parmi 100 bières nationales et quelques internationales, de 25 brasseries et 20 brasseurs maison.

J’ai bien aimé l’idée des tables au centre où les festivaliers pouvaient s’asseoir pour bavarder en savourant une des nombreuses bières offertes. On avait toutefois peine à discuter et s’entendre, tellement la musique jouée sur une la scène imposante montée au milieu de la salle était élevée. Un évènement de ce type est fait pour échanger sur la bière et non pour transformer ce qui devait être un lieu de discussion et d’apprentissage en gros party. Pour en avoir discuté avec les organisateurs, c’est un point qui sera corrigé l’an prochain.

Pour pimenter tout ça, on a eu l’idée géniale d’offrir un repas gastronomique avec 5 harmonisations servies sur un plateau avec explications sur la polyvalence de la bière et comment la combiner avec différents plats. C’était délicieux! Et que dire du sandwich avec viande cuite dans une sauce à base de bière!

Pour une première édition : chapeau! Le Wikibier de Curitiba est voué à un très bel avenir. Et comme tout devient meilleur avec le temps, c’est de bon augure pour 2012. Sans aucun doute, un des meilleurs évènements brassicoles au pays de la samba. Prochain grand rendez-vous : le festival brésilien de la bière de Blumenau, du 17 au 19 novembre prochain.

Dernier commentaire

À tous les bière-trotteurs de ce monde : mettez le Brésil sur votre liste. Je ne cesserai de la répéter : le Brésil est un marché en pleine effervescence. Jos Tucker m’a avoué être étonné, lui qui ne connaissait rien aux bières brésiliennes, de la qualité de certaines mousses qu’il a dégusté et par l’enthousiasme des brasseurs. À lire peut-être dans RateBeer ? Il a ajouté ceci : « Le Brésil doit maintenant se trouver un style qui le démarquera des autres nations brassicoles. Pour qu’on puisse dire un jour : ça, c’est une bière brésilienne. » Opinion que je partage totalement.

Les bières de la Season's

Coup de cœur : la microbrasserie Season’s de Porto Alegre. Le maître Leonardo Sewald brasse une IPA très intéressante. De couleur ambrée, la Green Cow est légèrement trouble et à une forte présence du houblon dans l’arôme et la saveur. Elle possède des arômes piquantes d’agrumes et florales, également très marquantes dans la saveur. Sa Funhouse Belgian Blond a aussi attiré l’attention de mes papilles.

Appartements trop rares, loyers hors de prix, exigences insensées des agences immobilières: dénicher un logis à São Paulo ou à Paris, c’est la galère. Il y a quelques temps, je discutait avec un ami français de comment trouver un logis à Sao Paulo comme à paris peut s’apparenter à un chemin de croix.  Que de formalités, frustrations et tracas ! Je parle en connaissance de cause. Je me rappelle encore lorsque j’ai été plongé dans la lourde et épuisante corvée de  trouver un nouveau toit.

Le  matin, journal étalé sur la table, je scrutais les petites annonces, stylo en main. C’était devenu quasiment un rituel quotidien.

Munis d’un stylo, j’encerclais les offres les plus  intéressantes pour appeler sur-le-champ les agences immobilières.

Un beau jour, la chance m’a enfin souri. J’ai obtenu deux visites l’après-midi même. J’ai choisi le premier appartement décent sans excès de procédures tatillonnes.  Je l’ai visité — ça tombait bien, c’était juste à côté de mon ancien logement.  Le choix de l’agence s’est porté sur moi et Luciene, mon épouse. J’exultais… Car avant cette bonne surprise, j’en avais bavé!  J’ai visité tellement d’appartements minables aux loyers indécents que j’ai fini par avoir la nausée!  Évidemment, à São Paulo comme ailleurs, il existe de petits bijoux immobiliers et pas seulement dans les quartiers chics. Mais pour se les offrir, il faut avoir des revenus copieux. Malgré tout, pour mon apart de 70 m2 dans le quartier Paraiso, je dépense chaque mois une fortune, plus les maudites charges locatives (frais de condominium).

Ces recherches m’ont rappelé le temps béni où je vivais à Paris avec mon épouse. Nous débarquons dans la Ville Lumière, sous la grisaille de novembre, valises sous les bras, pour entendre dire qu’en raison de la pénurie de logements «l’enfer est devant nous» et que, selon la loi de l’offre et de la demande, les loyers flambent.

Pourtant, à ma grande stupéfaction, la chasse au logement à laquelle je me suis consacré fut plutôt brève. J’ai capturé ma prise assez rapidement : un charmant petit studio meublé en plein cœur du sixième arrondissent, à deux pas des stations de métro Sèvres Babylone et St-Placide, non loin du Jardin du Luxembourg.

Je trouvé ce studio par hasard. Un après-midi, de retour d’une flânerie sur les quais de la Seine, une petite annonce dans la vitrine d’une agence avait happé mon regard. Après m’être informé, je suis aussitôt allé repérer les lieux. Pas de temps à perdre! Dans la jungle de l’immobilier, plus qu’ailleurs, le premier arrivé est le premier servi. J’ai signé le contrat dans la foulée.

Il s’agissait donc d’un studio de 30m2 au troisième étage d’un immeuble centenaire, rue du Cherche-midi, composé d’une entrée, d’une salle de séjour au plafond de poutres en bois, d’une chambre avec penderie, d’une cuisine équipée et d’une petite salle de bain. Ma fenêtre donnait sur une cour intérieure pavée et calme. Seule la concierge toujours bougonne venait perturber ce havre de paix. Exactement l’image que je me faisais d’un lieu typiquement parisien.

Du point de vue du loyer, c’est évidemment plus salé qu’à São Paulo. Il faut vraiment bien gagner sa vie pour se permettre une telle folie.

Mais avant d’emménager dans ces murs,  je me suis empressé de répondre aux demandes de l’agence: il fallait une personne pour cautionner la location. Il fallait afficher des revenus suffisants pour être jugé en mesure d’honorer le loyer, sans oublier un dépôt de garantie. Deux jours après, je prenais possessions des clés: le tour était joué, ouf! J’appris plus tard que le principal obstacle, à Paris comme à São Paulo, c’est de trouver garants et cautions. Faute de tels atouts, on doit alors verser une avance d’environ trois mois de loyer ou prouver que ses revenus sont au minimum trois fois supérieur au bail.

Au Brésil, on demande aussi mer et monde. Je suis tout simplement tombé des nues lorsqu’un propriétaire a exigé un «fiador» possédant deux immeubles à son nom, tout en requérant un salaire d’au moins trois fois un mois de loyer. Les propriétaires sont de plus en plus exigeants. Ils ont un cœur de pierre.  Sans compter que les loyers ont atteints des sommets inimaginables ces dernières années, tellement que la mégalopole est devenue une des villes les plus chères de la planète. Voilà l’une des raisons pour lesquelles tant de gens finissent pas aller vivre dans un «curtiço», dans une favela. À moins d’opter pour la co-location.

Copa Cervezas de América 2011

C’était au tour de Santiago, au Chili, d’avoir son concours international de bière, du 5 au 10 septembre. Le secteur est en plein effervescence en Amérique du Sud et la région produit de plus en plus de bières pouvant rivaliser avec les grandes régions brassicoles du monde. Je félicite, en passant, mes amis de la brasserie Bamberg et de la Bierland pour leurs médailles. Voici donc les bières gagnantes de la Copa cervezas de America 2011 :

Médaille d’or

Augustinjn Blonde Ale   (Strong Ale) –  Belgique

La Trappe Dubbel  (Belgian Strong Ale) – Hollande

Bamberg Weizenbier (German Wheat) – Brésil

Cervecera Cuello Negro Stout  (Stout) –  Chili

Médaille Argent

Davok  American IPA (Indian Pale Ale) – Uruguay

Tripel Karmeliet ( Belgian Strong Ale) – Belgique

Davok American Pale Ale (Patagonian & American Ale Plata) – Uruguay

Cervecería Rothhammer Oak Stout (Stout Plata) – Chili

Cervecería Selva Fría Stout 8° (Stout) – Chili

Costa Rica’s Craft Brewing Co. Segua  (Patagonian & American Ale) – Costa Rica

St. Bernardus Tripel (Belgian Strong Ale) – Belgique

Bogotá Beer Company Septimazo IPA (Indian Pale Ale) – Colombie

Bamberg Munchen (Dark Lager Plata) – Brésil

Radeberger Pilsener (Pilsner) – Allemagne

Cervecera Kunstmann Bock (Stout) – Chili

Microcervecería Reichenberger Falken Kaiser Stout. (Stout) – Chili

Cerveza Artesanal La Loggia (Stout) – Argentine

Cervecería Guayacan Stout (Stout) – Chili

Tucher Helles Hefe Weizen (German Wheat) – Chili

Cervecería Damm Voll Damm (European Amber Lager) – Espagne

Bamberg Schwarzbier (Dark Lager Plata) – Brésil

St Martin Blonde Ale (Belgian Strong Ale) – Belgique

Cervecería Berlina Foreign Extra Stout (Stout) –  Argentine

BrewDog Brewery Hardcore IPA ( Indian Pale Ale) – Écosse

Cerveza Baron Copper (Patagonian & American Ale) – Chili

Cervecería Bavaria Aguila (Light Lager) –  Colombie

Cervecería Otro Mundo Nut Brown Ale (Patagonian & American Ale) –  Argentine

Cervecería Selva Fría Golden 5,8° (Patagonian & American Ale) – Chili

Médaille de bronze

Cervecería Szot Negra Stout (Stout) – Chili

Cervecería Bavaria Club Colombia Roja ( Patagonian & American Ale) –  Colombie

Cerveza Caudillo Brown Ale (Patagonian & American Ale) – Chili

Cervecería Capital Negra Ale (Stout) – Chili

Cervecería Kross Stout  (Stout) – Chili

Cervecería Kross Maibock ( Bock) – Chili

Cerveceria Nacional Dominicana Presidente (Pilsner) – Republique Dominicaine

Bierland Imperial Stout (Stout) – Brésil

Cerveza Newen Newen Pehuen (Fruit Beer) – Chili

Microcervecería Copayapu Pilsen Desértica (Pilsner) – Chili

Binding-Brauerei Schofferhofer Hefeweizen (German Wheat) – Chili

Cerveza Grassau Lager ( Pilsner) – Chili

Cerveza Baguales Pale Ale (Patagonian & American Ale) – Chili

Cervezas Ruberg Oatmeal Stout. (Stout) Chili

Brouwerij Van Steenberge Gulden Draak (Belgian Strong Ale) – Belgique

Szot Rubia al Vapor (Amber Hybrid Beer) – Chili

Holsten Festbock (Bock ) – Allemagne

Cervecería Modelo Negra Modelo (Patagonian & American Ale) –  Méxique

Cerveza de Autor Stout De Autor (Stout) – Chili

Cerveza Volcanes del Sur Volcanes Lager (Pilsner) – Chili

Bierland Bock (Bock) – Brésil

Cerveza Altamira American Pale Ale (Patagonian & American Ale) – Chili

Cerveza Artesanal Insular Islas Desventuradas (German Wheat) – Chili

Cervecería Bavaria Club Colombia (Light Lager) –  Colombie

Kross Golden Ale (Patagonian & American Ale) – Chili

Cervecería Colón S.A. Negra (Patagonian & American Ale) – Colombie

Cerveza COPPER Black 13 (Stout) –  Chili

Cerveza COPPER Blonde (Light Hybrid Beer) – Chili

Meilleure bière par catégorie         

1. German Wheat  

Bamberg Weizenbier – Brésil

2. Stout

Cervecera Cuello Negro – Chili

3. Patagonian & American Ale  

Davok American Pale Ale – Uruguay

4. Light Lager  

Cervecería Bavaria Aguila – Colombia

5. Light Hybrid Beer  

Cerveza COPPER Blonde – Chili

6. English Pale Ale  

Bierland Pale Ale – Brésil

7. Stronge Ale  

CerveceríaTübinger Strong Dark Ale –  Chili.

8. Porter

Bogotá Beer Company Chapinero Porter – Colombia


De l’entrée, le Beer Experience sur fond jaune saute aux yeux. À peine quelques enjambées et je tombe sur mon bon ami Marcelo, propriétaire de la brasserie Colorado. Déjà, on me verse une Indica. La tournée était commencée!

Beer Experience, premier festival de bière de Sao Paulo

Atmosphère chaleureuse. Bonnes bières. Buveurs heureux. Bonne musique. Le Beer Experience était tout ce qu’on pouvait espérer d’une fête de la bière, le premier évènement à Sao Paulo axé spécialement pour les amateurs de bière de microbrasserie, gourmet ou artisanale, un marché qui occupe actuellement 4 %. Et qui ne cesse de croître. Pour une première édition : belle réussite! Tout le monde semblait très satisfait. S’éparpillant sur un étage, plus d’une vingtaine de kiosques offrait plusieurs styles de bière de pays comme l’Allemagne, Belgique, Écosse, Angleterre, États-Unis, Italie et République tchèque. Mais surtout les bonnes bières de microbrasseries nationales.

À un prix d’entrée de plus 30 dollars, et ce, sans aucune gorgée de Biere avalée, le public en était un d’initiés ou du moins d’adeptes. Certains m’ont tout de même avoué trouver cela un peu cher. À mon avis, les organisateurs auraient intérêt à élargir leur public. Celui qui veut autre chose que les grandes marques, mais encore néophyte, qui ne sait peut-être la différence entre une Pilsen, Stout ou Pale Ale, et voudraient faire un saut de plus, en apprendre davantage ou tout simplement découvrir ses goûts. Le Beer Experience ne s’adresse pas vraiment à cette clientèle. Celle-ci n’est peut-être pas encore prête à débourser autant pour boire des mousses plus « exotiques », ou dites premiums ici. Néanmoins, le Beer Experience avait de quoi combler les amateurs sérieux. Pour ma part, lorsqu’au loin la plaque de la WAY est apparue comme un mirage, je me suis faufilé sur-le-champ au travers de la foule. Il y a avait des mois que je n’avais pas savouré une de mes découvertes du Festival de la bière de Blumenau de 2010, la Umburana. Une nouveauté nationale qui a attiré l’attention de mes sens, la Backer 3 Lobos Bravo, une American Imperial Porter d’un taux d’alcool de 9 %, une bière qui pourrait se retrouver au Mondial de la bière de Montréal, en juin 2012.

L’industrie de la bière est en pleine effervescence et le pays de la samba est indéniablement devenu un incontournable. Les microbrasseries brésiliennes n’ont rien à envier à leurs consœurs de grands pays brassicoles. Un évènement comme le Beer Experience est en exemple éloquent. Santé aux organisateurs et à l’an prochain.

La date du 20 août est à mon agenda. Cette journée se tiendra le premier Beer Expérience de São Paulo. J’y serai bien sûr pour bosser. D’accord, aussi pour le plaisir des mes papilles. Cette fête de la mousse réunira plus de 180 marques de bière de pays comme l’Allemagne, Belgique, Écosse, Angleterre, États-Unis, Italie et République tchèque.  Mais surtout les bonnes bières de microbrasseries nationales.  Honnêtement, ce sont ces dernières qui m’intéressent le plus.  Certains brasseurs vont d’ailleurs profiter du Beer Experience pour lancer de nouveaux produits.  Une quarantaine de kiosques offriront plusieurs styles de la boisson qui a de plus en plus d’adeptes au Brésil. En plus de découvrir des cervoises produites selon la méthode champenoise, les brunes et crémeuses Stouts, les rafraîchissantes Weizen, ou de taux d’alcool allant jusqu’à 40 %, le visiteur pourra harmoniser les bières avec divers mets au son de présentations musicales.

« ll manquait un tel évènement pour les amateurs de bière à São Paulo », m’avait commenté son idéalisateur André Cancegliero, autour d’un repas copieux il y a quelques semaines. L’idée d’organiser un festival de dégustation moussait depuis longtemps dans sa tête. Tellement que ce passionné de bière a largué un emploi bien rémunéré pour se lancer tête première dans son rêve. « Le marché de la bière premium et artisanale est en pleine croissance et les Brésiliens découvrent qu’il y a autre chose que la célèbre blonde. Ils sont avides de connaître les bières plus fortes, aromatiques, et du même coup développent un goût plus sophistique. » Le Beer Experience « permet donc de découvrir les nouveautés sur le marché » ou tout simplement d’apprendre comment les apprécier. On espère recevoir 5000 visiteurs de 10 heures à 21 heures au Centre de Convention du Shopping Frei Caneca de Sao Paulo.  Une nouvelle aventure brassicole qui promet! Mes impressions à venir.

Les exportations québécoises vers le Brésil ont connu une croissance d’environ 80% pour un peu moins de 1 milliards de dollars en 2009 et 2010.  J’ai discuté avec le chef de mission du Bureau du Québec à Sao Paulo,  Louis Hamann de la vocation de cette institution et de la présence québécoise au Brésil.

Louis Hamann

Le Québec a atteint une meilleure visibilité dans le paysage brésilien. Les relations entre les deux pays sont en pleine croissance. Tellement que le Brésil est devenu en 2010 le principal partenaire économique du Québec en Amérique latine. Le pays de la samba a surpassé le Mexique pour la première fois comme première destination des produits québécois dans la région. Une part de ce succès est sans doute attribuable à la présence du Bureau du Québec à São Paulo.

«On parle souvent du Brésil comme une économie émergente, moi je préfère parler du Brésil comme  une société émergente.  Donc, un peu à l’image du Brésil, le Bureau du Québec prend son envol.  Nous sommes en train de passer d’une phase d’établissement à une de développement et de croissance importante. », commente Louis Hamann.   Ses buts : faire la promotion de l’entreprise québécoise; d’aider les Québécois à y faire des affaires; et de tenir fièrement le flambeau de la Belle Province aux abords de l’avenue Berrini à São Paulo. «Les entreprises, artistes et chercheurs ont de plus en plus tendance à se tourner vers nous lorsqu’ils pensent au Brésil. Idem du côté brésilien.»

En fait, il vise à donner la chance aux entrepreneurs québécois de regarder ailleurs que dans leur marché traditionnel — les États-Unis ou encore l’Europe. Toutefois, fait-il remarquer,  le Brésil n’est pas pour tout le monde.  «C’est une dynamique différente, une façon différente de faire des affaires», indique-t-il.  La clé du succès: Préparation, Persévérance et Patience. «Les entreprises sont habituées avec les États-Unis où c’est le produit qui compte, et moins les rapports avec les individus.  Je  ne dis pas que le produit n’est pas important ici. Avant tout, la relation personnelle compte pour beaucoup.  Il faut prendre un café avant de faire des affaires ici!»

Louis affirme qu’avoir eu la chance d’habiter à Rio entre 2005 et 2008 est certes une carte dans son jeu. « Les entrepreneurs québécois et mes  interlocuteurs brésiliens savent que lorsqu’ils contactent le bureau, ils font affaire avec quelqu’un qui connaît le Brésil.» 

Culture

Pas de rôle culturel? Pour l’instant, « notre mandat est surtout économique. Mais aussi en parallèle de faire rayonner le Québec.»  Louis reconnaît qu’avec une aussi petite équipe, impossible de faire des miracles.

Conscient de ce «petit problème», le gouvernement a annoncé dans son dernier budget des sommes supplémentaires pour São Paulo. « C’est une reconnaissance de notre importance. Avec le temps, nous sommes appelés à croître et nos activités vont se multiplier. Il est donc évident que nous aurons besoin de ressources supplémentaires. »

Toutefois, rappelle-t-il, près d’une douzaine d’artistes, de compagnies de danse ou théâtre sont venus ici depuis quelques années, dont Yann Perreau, Marie Chouinard, le Cirque du Soleil (qui revient cette année avec le spectacle Varekai ) et le Théâtre du Trident. 

Le Bureau concentre ses  efforts dans les États de Sao Paulo, de Rio de Janeiro, du Paraná et du Minas Gérais.  Pourquoi ?  D’abord, répond Louis,  il y a la proximité, et d’autre part, « quand on regarde l’économie brésilienne, on voit que ces 4 États pèsent le plus  dans l’économie du pays.» 

Bien qu’à vocation économique, la délégation ne néglige pas pour autant les autres aspects institutionnels (relations avec les États, éducation, la culture…). On prépare, notamment, la venue de la ministre des Relations internationales au Brésil, des ententes de coopération avec l’État de Rio et São Paulo et un « Foco Québec » lors du Festival international du film de Rio.

Engouement

Installé depuis mars 2008, il a aussi amené dans son sillage le service d’immigration basé jusqu’alors à Buenos Aires en Argentine, le Brésil étant l’objectif principal dans la région. Depuis l’ouverture, on note une croissance autour de 40 % des demandes et de l’octroi des Certificats de sélection du Québec. « Il y a un véritable engouement pour le Québec ! »

Cet ancien journaliste à Radio-Canada rêve qu’à la fin de son mandat les Brésiliens connaissent mieux le Québec et qu’il en soit de même du côté du Québec. À la blague : « Quand je vais rentrer, j’espère qu’il n’y aura plus un Québécois qui me demande si on parle l’espagnol au Brésil ».

Version rallongée d’un papier publié dans Le Petit Journal de Sao Paulo.

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