Dommage que rien ne soit traduit, même pas le guide de visite. Parce que voilà un espace fort instructif. Là, j’y ai découvert comment était la répression lors du régime militaire au Brésil et un peu de la vie des prisonniers. Ces réponse, je les ai apprises au Mémorial de la résistance – théâtre d’un des pires moments de l’histoire du Brésil – que j’ai récemment visité.
Olavo Hanson est mort ici, est écrit sur le mur de la cellule. L’ancien édifice de briques rouges du Département de l’Ordre Politique et Social (DOPS), au Largo General Osorio, aujourd’hui l’Estaçao Pinacoteca, de l’extérieur peut bien être un bel exemple de revitalisation du centre de São Paulo, pourtant, il a été le théâtre d’actes cruels lors des « années de plomb ». Dans ce lieu, les opposants à la dictature ont été emprisonnés, torturés et même assassinés. Aujourd’hui, il abrite le Mémorial de la Résistance, qui honneur les victimes et la mémoire de la résistance et de la répression.
À l’intérieur, quatre cellules rénovées remémorent la trajectoire du DOPS, fondée en 1924 pour combattre les mouvements sociaux jugés dangereux pour l’ordre national, comme l’anarchisme et le syndicalisme. Les salles de tortures demeurent toutefois verrouillées. La restauration a été faite à partir des souvenirs d’ex-prisonniers qui contèrent comment était la vie de ce lieu sinistre. « Les gens nous remercient d’avoir créé cet espace à la mémoire des résistants. Beaucoup nous avouent qu’ils ignoraient que cela avait existé », raconte Ivan Seixas, directeur du Forum des ex-prisonniers politiques de l’État de São Paulo.
Une des cellules a été reconstituée comme au temps de la répression, tandis que les autres sont représentées sur une maquette exposée dans la deuxième salle. La ligne du temps reproduite sur ses murs est un véritable cours d’histoire. La suite du parcours amène vers quatre des dix cellules restantes du complexe, puis dans le corridor où les détenus prenaient leurs bains de soleil.
Cellules
Oubliez les toilettes infectes, les murs sales, les inscriptions gravées par ceux qui y ont séjourné, tout a été effacé lors de la rénovation de 2002. Cette belle peinture moderne peut donner l’impression que les cachots paraissaient de confortables chambres d’hôtel. Ce qui n’était évidemment pas le cas. Des photos, des inscriptions et des témoignages enregistrés relatent tout le calvaire vécu par ses résidents.
La première cellule raconte en images le processus de la conception du mémorial. Sur les murs, diverses citations révèlent leur quotidien. «Moi, Josée Paiva, 12/06/69, était ici. Il y a avait plusieurs inscriptions de ce type ici.» Justement, où sont-elles? Certains murs avaient encore des messages, paraît-il. Dommage, puisque cela aurait donné plus d’authenticité. La troisième cellule reconstituée à partir de photos et les inscriptions gravées par d’ex-prisonniers eux-mêmes donne tout de même une idée à quoi ressemblait l’espace.
Comment était-ce vivre dans un tel lieu? Comment étaient les repas? Les prisonniers pouvaient-ils prendre un bain? Comment se passait le bain solaire? Était-ce permis de recevoir de la visite? Réponse : cellule suivante. Sept ex-résidents narrent leur quotidien et le climat de solidarité qui y régnait. On en ressort touché et mieux éclairé sur cette page sombre de l’histoire du Brésil.








septembre 27, 2011
Dans le 6ème arrondissement, le loyer de mon petit studio donnait le vertige! Et que dire de Sao Paulo!
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Appartements trop rares, loyers hors de prix, exigences insensées des agences immobilières: dénicher un logis à São Paulo ou à Paris, c’est la galère. Il y a quelques temps, je discutait avec un ami français de comment trouver un logis à Sao Paulo comme à paris peut s’apparenter à un chemin de croix. Que de formalités, frustrations et tracas ! Je parle en connaissance de cause. Je me rappelle encore lorsque j’ai été plongé dans la lourde et épuisante corvée de trouver un nouveau toit.
Le matin, journal étalé sur la table, je scrutais les petites annonces, stylo en main. C’était devenu quasiment un rituel quotidien.
Munis d’un stylo, j’encerclais les offres les plus intéressantes pour appeler sur-le-champ les agences immobilières.
Un beau jour, la chance m’a enfin souri. J’ai obtenu deux visites l’après-midi même. J’ai choisi le premier appartement décent sans excès de procédures tatillonnes. Je l’ai visité — ça tombait bien, c’était juste à côté de mon ancien logement. Le choix de l’agence s’est porté sur moi et Luciene, mon épouse. J’exultais… Car avant cette bonne surprise, j’en avais bavé! J’ai visité tellement d’appartements minables aux loyers indécents que j’ai fini par avoir la nausée! Évidemment, à São Paulo comme ailleurs, il existe de petits bijoux immobiliers et pas seulement dans les quartiers chics. Mais pour se les offrir, il faut avoir des revenus copieux. Malgré tout, pour mon apart de 70 m2 dans le quartier Paraiso, je dépense chaque mois une fortune, plus les maudites charges locatives (frais de condominium).
Ces recherches m’ont rappelé le temps béni où je vivais à Paris avec mon épouse. Nous débarquons dans la Ville Lumière, sous la grisaille de novembre, valises sous les bras, pour entendre dire qu’en raison de la pénurie de logements «l’enfer est devant nous» et que, selon la loi de l’offre et de la demande, les loyers flambent.
Pourtant, à ma grande stupéfaction, la chasse au logement à laquelle je me suis consacré fut plutôt brève. J’ai capturé ma prise assez rapidement : un charmant petit studio meublé en plein cœur du sixième arrondissent, à deux pas des stations de métro Sèvres Babylone et St-Placide, non loin du Jardin du Luxembourg.
Je trouvé ce studio par hasard. Un après-midi, de retour d’une flânerie sur les quais de la Seine, une petite annonce dans la vitrine d’une agence avait happé mon regard. Après m’être informé, je suis aussitôt allé repérer les lieux. Pas de temps à perdre! Dans la jungle de l’immobilier, plus qu’ailleurs, le premier arrivé est le premier servi. J’ai signé le contrat dans la foulée.
Il s’agissait donc d’un studio de 30m2 au troisième étage d’un immeuble centenaire, rue du Cherche-midi, composé d’une entrée, d’une salle de séjour au plafond de poutres en bois, d’une chambre avec penderie, d’une cuisine équipée et d’une petite salle de bain. Ma fenêtre donnait sur une cour intérieure pavée et calme. Seule la concierge toujours bougonne venait perturber ce havre de paix. Exactement l’image que je me faisais d’un lieu typiquement parisien.
Du point de vue du loyer, c’est évidemment plus salé qu’à São Paulo. Il faut vraiment bien gagner sa vie pour se permettre une telle folie.
Mais avant d’emménager dans ces murs, je me suis empressé de répondre aux demandes de l’agence: il fallait une personne pour cautionner la location. Il fallait afficher des revenus suffisants pour être jugé en mesure d’honorer le loyer, sans oublier un dépôt de garantie. Deux jours après, je prenais possessions des clés: le tour était joué, ouf! J’appris plus tard que le principal obstacle, à Paris comme à São Paulo, c’est de trouver garants et cautions. Faute de tels atouts, on doit alors verser une avance d’environ trois mois de loyer ou prouver que ses revenus sont au minimum trois fois supérieur au bail.
Au Brésil, on demande aussi mer et monde. Je suis tout simplement tombé des nues lorsqu’un propriétaire a exigé un «fiador» possédant deux immeubles à son nom, tout en requérant un salaire d’au moins trois fois un mois de loyer. Les propriétaires sont de plus en plus exigeants. Ils ont un cœur de pierre. Sans compter que les loyers ont atteints des sommets inimaginables ces dernières années, tellement que la mégalopole est devenue une des villes les plus chères de la planète. Voilà l’une des raisons pour lesquelles tant de gens finissent pas aller vivre dans un «curtiço», dans une favela. À moins d’opter pour la co-location.